EDITION: Août - Octobre '07

UN MONDE BLEU DE TRANQUILLITÉ




 

 





C’est l’été, les plages d’Ibiza bouillonnent de chaleur et de vie. Les gens batifolent dans la lumière étincelante, l’air vibre aux rythme des kiosques... mais seulement à quelques mêtres, il existe un monde bleu et froid, et un calme total. Il commence là où se brisent les vagues sur la plage. Un équipement pour respirer nous permet d’y entrer.













Celui qui pénètre dans les fonds face à la plage des Salines flotte sur de vastes prairies. L’herbe de Neptune, appelée aussi Posidonia, se balance à la douceur des vagues. Un véritable jardin sous-marin composé de milliers d’espèces: en observant de près on peut découvrir des vers colorés, des éponges, des palourdes, des hippocampes, de la mousse, des ascidies... Des petits crabes s’abritent là jusqu’à la tombée de la nuit, et sur les herbes vertes des bancs de poissons scintillent avec le soleil. Bienvenus au jardin d’Octopussy.

Les côtes rocheuses d’Ibiza, sèches et désertes au-dessus du niveau de l’eau, sont pleines de vie dans les profondeurs marines. Des falaises entières sont couvertes d’éponges, d’anémones, d’algues colorées et de lichen, formant des oeuvres d’art qui changent avec le temps. Dans les trous vivent les murènes, les anguilles, les mérous et les langoustines. La mer et les rochers créent un paysage de grottes, cheminées, canons et voûtes pour ceux qui plongent.








Par exemple, près d’Es Vedrá, le “rocher magique” se cachent les plus beaux trésors sous-marins. D’énormes éventails de corail, collés au rocher, brillent à la lumière des torches des plongeurs. Ou, sur la côte de Formentera, qui cache de grandes ouvertures sous le niveau de la mer qui mènent à d’énormes grottes aux parois dorées, où l’on peut emerger. Presque rien ne réunit les conceptes de fugacité et de renouveau comme les restes d’un naufrage: ils deviennent un nouvel abri pour les plantes et les animaux de la mer. Normalement il s’agit d’épaves, mais Ibiza offre quelque chose de spécial. Il se trouve au milieu de la grande bleue, près de l’île S’Espardell. Rien ne l’indique, ni même à la superficie. Quand la mer est calme on peut voir de fines structures dans le fond, comme de longues ombres obscures. C’est le flanc de la “plataforma Mariana”, une plateforme de pisciculture abandonnée qui autrefois flottait à la superficie, et qui, maintenant repose au fond de la mer. Des restes de dimensions inhabituelles créent une atmosphère étrange. Cette énorme structure de béton s’érige diagonalement à une profondeur de 32 à 12 mêtres, avec des piliers et des ruines qui ressortent dans la pénombre. Sous la plateforme, un énorme banc de barracudas nage en tournant, et sur la structure même se posent différents animaux marins. C’est un endroit qui fascine à chaque fois.




Respirer sous l’eau
Celui qui veut visiter ce monde tranquille et bleu doit commencer par une plongée d’essai. Après une petite initiation, on peut descendre avec un professionnel à ses côtés. On voyage à travers une clareté turquoise, sur le fond marin lumineux, vers un jardin sous-marin. Cela à peu de mêtres de profondeur. Tout près il y a ceux qui fréquentent la plage avec la chaleur et les rythmes palpitants, mais ils restent loin pour ceux















qui flottent dans la quiétude.
Les premières respirations sous l’eau, lévitant comme un astronaute, sont inoubliables. Certains suivent des cours pour pouvoir plonger seuls et plus profond. C’est important de savoir comment se comporter dans cet autre monde. On apprend à vivre avec la pression sous l’eau, à flotter, les choses sous une autre forme de vie...
On apprend aussi à savoir quoi faire si de l’eau rentre dans le masque, quand le régulateur












tombe de la bouche, ou que l’oxygène se termine. Une fois que l’on s’est entrainé dans des eaux peu profondes, alors commence réellement l’aventure: on peut aller en bateau au large des falaises d’Es Vedrá ou traverser jusqu’à Formentera, pour célébrer la fin du cours. Après cela, les océans, lacs et fleuves de beaucoup de pays seront à votre portée. Celui qui s’assoit sur sa serviette de bains et regarde la mer, là où les vagues roulent sur le sable, peut penser: le monde ne s’arrête pas là, il va beaucoup, beaucoup plus loin.