EDITION: Août - Octobre 2010

L’ART DU CHANGEMENT

Ruth Osborn

Le changement nous touche tous, et quoique que nous fassions, nous pouvons être sûrs que les choses changent et pour cela il est important de voir ce changement de façon positive, ce qui est essentiel pour notre vie. L’adaptation à ce changement – en réalité nous parlons de notion de temporalité – est latente dans la philosophie boudhiste, qui soutient que rien n’est pour toujours, que rien n’est permanent. Le comprendre et l’accepter nous prépare à mieux assumer les velléités de la vie.

Les périodes de changement peuvent être très stressantes, mais elles peuvent aussi nous offrir une infinité d’occasions, de façons de voir la vie et de faire des choses auxquelles nous n’avions jamais pensé. Et comme le dit le refrain, “ à quelque chose malheur est bon ”, mais il est difficile de voir la partie positive d’un problème qui parait sans solution. Dernièrement j’ai connu Sola et Gerhard, qui font partie d’un groupe pionnier d’artistes qui ont su répondre avec créativité et optimisme à ces courants de changement qui nous sont imposés. Ils ont cherché une nouvelle manière de vivre et travailler, et ont créé un espace-atelier partagé avec d’autres artistes, dans la vieille remise d’une maison payesa près de San Rafael.










Les circonstances poussèrent Sola à chercher un nouvel espace pour vivre et continuer à créer, et elle savait très bien ce qu’elle voulait. Quand ils trouvèrent l’endroit qu’ils ont actuellement, elle se souvient avoir pensé “ nous avons trouvé un trésor ”. Après avoir découvert le plus important, ils commencèrent à réparer le vieux local qui était moitié en ruine, et seulement habité par des oiseaux et des plantes, pour le transformer en un espace habitable et apte à l’art.




C’est maintenant un point de rencontre pour les esprits créatifs, avec différents ateliers : un pour travailler le métal, un pour la céramique, un autre pour la couture et un grand atelier de peinture, plus un espace à l’air libre et une partie habitation, où “ l’espace et la lumière créent les meilleures conditions de vie et de travail que l’on peut imaginer ”.

Avant, les artistes vivaient et travaillaient chacun dans un endroit différent, mais Sola explique que la vie en communauté est préférable et fonctionne. En plus des avantages créatifs, travailler et vivre ensemble facilite l’économie. Seuls, ils ne pourraient pas se permettre un espace aussi grand et la vie en commun est bonne. “ Ce n’est pas facile, mais c’est une source d’inspiration. Nous avons tous de fortes personnalités, mais les moments de créativité et la vie sociale compensent avec avantages tout autre aspect négatif. ” Ils utilisent aussi l’entrepôt comme salle d’expositions, et l’on peut demander un rendez-vous pour admirer les créations des trois différents artistes qui y travaillent.

Quand j’ai demandé à Gerhard ce qui avit changé dans son travail après cette mutation, il m’expliqua qu’il a plus d’espace pour construire, ce qui lui permet de faire des oeuvres plus grandes. Au lieu de deux mêtres il a maintenant cinq mêtres de hauteur, ainsi ses sculptures sont de plus en plus hautes.









En général, en s’adaptant au changement Gerhard et Sola ont créé quelque chose de spécial et innovateur, profitant de l’occasion qu’une situation difficile leur a offert. Cela leur a été bénéfique en tant que personnes, mais aussi dans le domaine collectif, et, maintenant, ils commencent à récolter les fruits de leur effort, comme on peut le voir maintenant.

Sola a travaillé pour des défilés de mode qui se célèbrent annuellement et s’est spécialisée en création de vêtements à partir de bouteilles de Solán de Cabras, parce qu’elle adore le bleu et que la marque porte son nom. Les sculptures cinétiques de Gerhard s’intègrent à l’environnement : elles bougent avec le vent, reflètent la lumière... La prochaine fois que vous allez à Marina Botafoch, cherchez celle qui apparait à gauche, sous une photo de Cala Jondal.









Obsédée par la déesse Tanit, Sola l’a imaginée de plusieurs manières. Sa dernière création est un collage qui parait sur la couverture de la revue “ Ruta del Arte ” de cette année. Tous les matériaux qu’elle y a employé sont d’Ibiza, et si l’on fait regarde bien “ El Beso ”, on pourra voir des petits morceaux de cartes postales récupérés dans des restaurants, des bars et autres endroits de l’île.

Sola fait des décors extétrieurs depuis plus de vingt ans, dont de fantastiques structures faites à partir de filets et de peintures fluorescentes. Si vous avez été à certaines fêtes locales ou à Flower Power, vous avez alors vu son travail en direct.

Le “ Domingo del Arte ” ( le Dimanche de l’Art ) est une autre initiative artistique collective a ne pas manquer. Il s’agit d’une exposition collective et itìnérante des oeuvres de plus de 40 artistes dans différents endroits de l’île, cela se passe un dimanche par mois de mai à octobre. Sans aucun doute, il est agréable de voir que l’art est florissant à Ibiza, même à une époque difficile.

Texto: Ruth Osborn





Pour plus d’informations :

Ruta del Arte: www.art-club-ibiza.com
Un groupe de deux cents artistes
d’Ibiza et Formentera.

Sola Tidoo: www.sola-art.eu
Travaille dans différents domaines,
dont décoration, collage,
vêtements et peinture à l’huile.

Gerhard Höhn: www.gerhard-hoehn.com
Travaille l’acier inoxidable et le béton,à
partir desquels il crée d’impressionnantes
sculptures, statiques ou cinétiques,
ainsi que des lampes de décoration.


Pour les expositions voir :
Diario de Ibiza: www.diariodeibiza.es