EDITION: Août - Octobre '08

ARIZONA


ARIZONA
25 ans d’artisanat

Arrivée à Ibiza en 1978, le premier dimanche de mai, sans projets, mais avec beaucoup d’illusions.

Elle commença, comme beaucoup d’autres, en travaillant ici et là, et deux ans après elle vendait des bikinis sur la plage. Mais bien vite, elle ne fut pas seulement la fille qui les vendait, mais aussi celle qui les créait, les fabriquait et passait ses matinées sur les plages d’Es Cavallet et des Salines à vendre les pièces qu’elle avait confectionnées pendant l’après-midi et la nuit. Déjà ces bikinis, avec des franges de peau, annonçaient un style propre, authentique et inimitable.

C’était la première fois que Christine Astruc utilisait une machine à coudre. L’été suivant, elle ne se limita pas seulement aux plages – cette fois celles d’Es Caná – mais deux ou trois boutiques des environs présentaient quelques-uns de ses modèles. Les choses évoluant, ces bikinis originaux se convertirent très vite en gilets, robes et tops en peau de chamois naturelle avec des franges indiennes qu’elle cousait chez elle et laissait en dépot dans les boutiques. En 1983 elle ouvrit son propre local, servant à la fabrication et à la vente, ARIZONA, qui est toujours aussi naturel et authentique, dans la Marina du port d’Ibiza.





Ses modèles, toujours en peaux de première qualité, se sont transformés au cour des années, mais ils gardent toujours la même fraicheur et la créativité. Chaque vétement est une recherche continue, s’inspirant du cinéma, des concerts, de la littérature, des rêves, au jour le jour, et, en définitive, dans tout ce qu’elle voit, entend et sent: il y a des clins d’oeil à Milo Manara, Errol Flynn, Michael Jackson... C’est pour cela que, chaque vétement confectionné avec la personnalité et l’âme propre de sa créatrice, enveloppe celui qui le porte d’un univers de fantaisie.



Ce sont des modèles versatiles, amusants, merveilleux et pleins de couleurs qui peuvent demander jusqu’à trente heures de travail. Ce style Adlib, qui rompt avec toutes les idées préconçues sur la mode, propose un style innocent et amusant pour le jour, et séducteur, coquin et sexy pour le soir. Sa persévérance, la recherche du meilleur, la qualité, le bien fini, le bon goût et sa fantaisie ont fait que ses modèles ne soient pas seulement reconnus ici, mais également à Londres, Milan, New York et Paris. On reconnait immédiatement quelqu’un qui porte un de ses modèles, par son monde plein de joyeuses couleurs, d’arômes délicats et de textures douces.

On a le choix entre des robes longues et courtes, des minijupes, des gilets, des tops, des vestes, des manteaux, des pantalons... et, bien entendu les bikinis qui lui permirent d’en arriver là.




Cette jolie femme est l’une des dernière artisanes qui lutte pour rester à la surface, pour continuer à vivre de ses créations. Le coût de la matière première est très élevé, ce sont des robes, des manteaux... très minutieux, d’un travail solitaire et dur... Pour le moment, les affaires marchent, 25 ans ont passé et Christine Astruc est toujours présente, sans aucune autre aide que celle de son travail, ni publicité hormis le bouche à oreille.






Cependant, le manque d’aides de l’Etat, autonomes ou locales fait que cette affaire se languit à pas gigantesques, vu la faible affluence touristique dans les îles ces dernières années qui influe sur la baisse des ventes, ce qui est précisément le secteur de plus d’intéret acquisitif. Actuellement, la principale préoccupation de cette créatrice est l’état actuel dans lequel se trouve l’artisanat, étant témoin de la disparition, de plus en plus rapide, d’une partie de l’artisanat traditionnel de l’île, devant l’incompréhension des organismes officiels, qui ne font rien pour prendre parti, aider ou subventionner ces artisans. Et tristement, sans l’intervention d’aucune aide externe, la mort de cette partie de la culture et du folklore ibicenco est proche.

Et voilà l’histoire d’une petite fille née dans un petit village du sud de la France, qui aujourd’hui lutte, prennant son courage à deux mains, pour continuer à vivre de sa persévérance.



ARIZONA
C/ Castelar, 17, 1º – La Marina, Puerto de Ibiza
Tel. 971 31 09 19
www.arizonapiel.com
Lundi-samedi: 10:00-14:00h / 18:00-24:00h
Dimanche: 19:00-24:00h